Patrimone religieux
Patrimoine touristique
Louis XIV dort à Pouzols
La Révolution
Jean Pierre Marquier Préfet de l'Ain

 

 

 

 

 

 


POUZOLS MINERVOIS



Armoiries de la Commune: « d'hermine à un pal fuselé d'Or et d'Azur ». Ce blason fut attribué à la Communauté des habitants du lieu de Pouzols sous le règne du roi Louis XIV en 1696.


Pouzols est le diminutif de "potz" mot occitan qui veut dire "puits". Mot qui continue le latin "puteus".
Un "pozol" est un petit puits. Il y a sur le territoire de Pouzols beaucoup de puits, mais peu abondants, la plupart alimentés par ruissellement ou par captage de sources avoisinantes.
L'un d'eux dit le "Puits d'Amon", va avoir dans l'histoire du village une importance primordiale.
Pouzols a beaucoup souffert de pénurie d'eau jusqu'au fameux forage creusé à 350m. de profondeur, il y a une quarantaine d'années dans les tènements de "Fontalières".
D'autres ont pensé à "Potz Oli" signifiant en occitan "puits d'huile", mais ceci est moins vraisemblable malgré la culture intensive plus que millénaire de l'olivier sur son territoire.

 

Commentaire supplémentaire hors ouvrage:
On peut aussi signaler l'interprétation de l'origine du nom Pouzols qu'en fait Jean Taffanel, bien connu pour les recherches qu'il a menées conjointement avec sa sœur Odette sur le Cayla de Mailhac. Il pense que la forme Podiolz qui signifie "petit pech" serait plus vraisemblable étant donné que le village ainsi que le Pouzols situé dans l'Hérault sont situés sur de petites hauteurs.



-Un siècle avant la naissance du Christ, la région sud du Massif central et de la Montagne Noire est partiellement et localement occupée et depuis des centaines d'années par des peuplades gauloises assez rustiques, d'origine ibères, celtes ou volques tectosages.
C'est alors que le général romain Domitius Ahenobarius qui poursuit son invasion pacifique du sud de la Gaule fonde Narbonne en 118 av. JC. Afin d'assurer à l'Italie un débouché pour ses productions agricoles ou artisanales et faciliter le passage des armées, le général va y créer des routes. Grâce au travail de milliers d'esclaves indigènes, la "Via Domitia" reliera Rome à l'Espagne par Narbonne, la capitale de la Gaule.
-A partir de Capestang, il fait tracer à travers une région qui va prendre le nom de Minervois (vocable de la déesse de la sagesse), une voie directe la "Via Tolosana". Et les siècles suivants cet important itinéraire de circulation sera encore prolongé au départ de Narbonne, pour permettre de joindre cette capitale à Bordeaux et sera connue sous le nom de "Via Aquitana".
-Après le passage à gué pavé du torrent "Répudre" (Rec Pudre), cette voie en direction de Toulouse, atteignait à un mille environ (*1), la "Peyre Plantado". Cette "Pierre Plantée" au carrefour du "Cami Narbones", (Narbonne ¬Minerve), et d'un chemin de raccordement en direction de Mailhac est restée depuis plus de deux millénaires, un point stratégique.

Lieu-dit: la Pierre Plantée.

 

-Limite territoriale des quatre communautés de Pouzols, Paraza, Olonzac et Oupia, elle fixe depuis 1318, la frontière entre l'archevêché de Narbonne et l'évêché de St Pons de Thomières et depuis la révolution française, celle des départements de l'Aude et de l'Hérault.
L'antique "Via Tolosana" aura un rôle capital dans la vie du village de Pouzols en Minervois. Si elle participa à sa création, à son activité, à sa prospérité en lui apportant la vigne et l'olivier, elle fut hélas pour ce village, souvent la cause de bien des tourments.
Pendant tout le moyen-âge cette voie romaine, devenue en occitan "Grand Cami" est aussi connue sous le nom de "Cami Roumieu". En effet, dès le début du Xème commence à se manifester la puissance et le rayonnement spirituel des communautés religieuses et en même temps se développent les pérégrinations dans les deux sens de nombreux pèlerins allant ou revenant de Rome, les "roumieux", ou de Santiago de Compostelle, les "jacquaires". Devant leur affluence et sous la poussée du clergé, on va édifier pour eux, à faible distance du gué du Répudre, une chapelle St Estève placée sous le patronage de St Etienne ainsi qu'un cimetière connu sous le même vocable réservé aux pélerins qui meurent en route. Et ce gué qu'on appellera "la Bégude" deviendra une étape essentielle sur le "Cami Roumieu". Ici vont se construire plusieurs "logis" (hostelleries), où les voyageurs à pied ou à cheval trouveront moyennant redevance: abri, nourriture, repos et réconfort. L'un d'eux sous l'enseigne du "Coq d'Or" fournit le coucher et le vivre; il s'ouvre sur un "cabaret" ( cour fermée pour abriter les bêtes de somme, les voitures et les bagages, mais aussi les troupeaux de passage.)


-Un édit du roi Henri IV de mars 1600 ayant prescrit de franciser les noms propres en langue occitane, le "Gran Cami" sera proclamé officiellement "Grand Chemin Royal".
-A la fin du règne de Louis XV, son tracé sinueux, qui épousait les déclivités naturelles, est déplacé, redressé, modernisé, le revêtement de la chaussée est mis au goût du jour et bordé de platanes. Le Répudre est enjambé par un pont à trois arches, toujours connu sous le nom "des Trois Ponts" il est redouté de nos jours par les automobilistes.

-Les voyages en barques du Canal des Deux Mers eux-mêmes étant jugés trop lents et peu confortables, au "Pla de Pouzols" on bâtit des "Auberges", relais mieux appropriés aux voyages modernes et rapides des diligences et de la poste que les archaïques "logis" du gué de la Bégude.

Le gué actuel, sous le camping


Au début du XIXème siècle ce "Ci-devant Grand Chemin Royal" prendra définitivement le nom de "Grand Route" ou "Départementale 5".

-Avant, pendant l'occupation romaine ou aux tout premiers temps de notre ère, avait été aménagé à partir du très antique oppidum de Mailhac, porte d'accès vers la Montagne Noire, un chemin carrossable en direction de l'ouest. Le "Cami Carcasses" longeait les flancs du "Pech du Camplong" plus connu de nos jours sous les noms de "Serre d'Oupia" ou simplement du "Pech" et rejoignait la Via Tolosana, nous l'avons vu, à l'embranchement de "la Peyre Plantado".
-Depuis l'époque romaine, il existe en bordure de ce chemin un grand bassin de forme carrée bâti en pierres de taille de gros appareil, la "Source des Casca1s" et dans ses environs immédiats, à proximité des traces d'une "villa romaine" et de quelques silos à grains enfouis dans le sol, un vieux puits, dit "Puits d'Amoun".

 

Ce Puits d'Amont (ou d'en haut) ainsi que les "Cascals" sont alimentés en eau par le ruisseau du même nom, mais surtout, par d'anciennes canalisations en poterie captant l'eau d'une source d'un autre ruisseau dit de la Bouissède à environ 1 km. au nord-est.
Il faut noter en ce lieu, le seul vestige local de l'implantation des Visigoths, une misérable nécropole avec ses tombes en tuiles recouvertes de dalles de pierres blanchâtres, sépultures en pleine terre, qui fut découverte en 1980 aux "Cascals" .(*2)

 

 

La source est sous le grand pin au centre

-Aucune trace de l'occupation sarrasine sinon une vieille légende guerrière composée entre 1100 et 1125 par un clerc anonyme de l'Abbaye de La Grasse. Trois siècles après le succès de la première campagne espagnole contre les arabes, qui avait permis au début du IXème d'étendre le royaume des Francs au delà de l'Ebre; on pensa qu'il fallait faire oublier le drame de l'arrière-garde du comte Roland à Roncevaux et apporter une aide à la "Reconquista", en engageant les vicomtes et archevêques de Narbonne à participer en personne aux nouveaux combats qui allaient être livrés par les royaumes chrétiens aux maures en Espagne. Le récit de ces hauts faits (voir en annexe) concernent à la fois, la cité de Carcassonne et la barrière montagneuse du "Pech du Camplong" ou "Serre d'Oupia", qui coupe en deux le Minervois et dont le sommet, le "Mont Segonne", domine de ses 288 mètres le village de Pouzols fondu dans une mer de vignobles et d'oliveraies.
A l'endroit où le Cami Carcasses franchit à gué le ruisseau de "la Bouissède" (bois de buis), sur une butte qui aurait pu être un oppidum à l'époque romaine, voire même un haut lieu de culte ou funéraire dans l'antiquité, un monastère ou prieuré avait été fondé au début du Xème siècle sous le vocable de "San Faveo". De ce couvent carolingien, il ne reste que quelques ruines et un puits profond. Seul un oculus creusé dans une pierre monolithe, semblerait nous indiquer le chevet de sa chapelle préromane.

-Selon la tradition, à l'époque médiévale, un autre couvent ou simplement une dépendance du monastère aurait existé à 1/4 de lieue dans la plaine, et serait à l'origine de la création du "Puits d'Amon".


-Pendant les XI et XIIème jusqu'à la Croisade contre les Cathares, une partie du terroir de Pouzols relevait des Seigneurs de Pépieux, vassaux du vicomte de Narbonne. Les vicomtes de Narbonne, tenant leur vicomté à titre de fief du comte de Toulouse qui était lui-même vassal du Roi de France.
Guiraud de Pépieux s'était démis en 1095 d'un alleu à "Camplong" dans le terroir de Pouzols en faveur de Pierre de Minerve Vicomte de Narbonne, puis en 1113 avec sa femme Guillemette avait donné au Chapitre de St Just de Narbonne le quart de ses biens de Pouzols pour faire admettre leur fils Géraud comme Chanoine dans ce Chapitre.
-En 1191 Ermengarde vicomtesse de Narbonne avait donné à Arnaud de Ste Valière tout ce qu'elle avait encore à Pouzols en y comprenant la justice moyenne et basse.
-En 1270 Arnelius de Ste Valière rendra hommage au roi de France Philippe III le Hardi.
Par la suite le roi y concédera en fiefs beaucoup de ses droits seigneuriaux, y recevra des hommages, mais y conservera toujours le droit de haute justice qui confère seul à son détenteur le titre de "Seigneur du lieu".
-Le roi restera jusqu'à la révolution, "Seul Seigneur à Pouzols" et le domaine royal qui comprend tous les biens et droits que le roi s'est réservé sera représenté sur place par deux consuls élus chaque année par la communauté. Plusieurs conseigneurs engagistes du roi se partageront le pouvoir :
1) le fief de l'Eglise dont la gestion sera confiée au recteur de la paroisse.
2) l'Abbaye de Fonfroide qui conservera pendant tout le moyen âge un droit de leudes (droit de circulation sur les marchandises), acquis d'Olivier de Termes en 1257, au passage de la rivière Répudre.
3) Le Chapitre de St Just et St Pasteur de Narbonne avec le fief dit du "Purgatoire".
4) Un fief de la Commanderie de St Jean de Jérusalem, dont les redevances annuelles de terres cultivables, ainsi que des dons et legs qui lui seront faits, assureront le fonctionnement de l'Hôpital de la Charité. Deux habitants du village désignés par la collectivité, les "caritadiers" seront investis de sa gestion.
5) le fief patrimonial de la maison de Ste Valière qui passera à la fin du XIVème siècle dans les mains de Jean de Vintrou puis en 1428 dans celles de Jean de Lectis seigneur de Puissalicon, Paraza et Villa des Ports. Enfin Bernard de Troquy, damoiseau, Sgr d'Ornaisons achètera à ce dernier le fief héréditaire de Pouzols le 14 décembre 1437 moyennant le prix de 350 écus d'or.
Ce domaine patrimonial ne sera plus jamais vendu, et se transmettra naturellement de générations en générations, par voie directe ou alliances. La dynastie des Ramejan en héritera en 1464, suivie de celle des Scoperier; dont le patronyme se transforma en d'Escouperie de la Gardie au XVIlème, lorsque un aventurier cadet de la famille fut devenu célèbre en Europe du Nord et à la Cour de France, sous le nom de guerre de Pontus de La Gardie. Ce domaine patrimonial passera ensuite successivement aux d'Olivier de La Gardie, ensuite aux Gailhac de La Gardie et enfin depuis le début du XVIllème dans les mains des Fournas barons de Fabrezan.


-Dans la deuxième moitié des années mille s'était créée, autour du "Puits d'Amon" une bourgade qui sera mentionnée en 1157 sous le nom de "Villa Sanctus Saturninus de Pouzols", au vocable de son église paroissiale dédiée à Saint Saturnin.
A l'autan la tour du donjon du château du seigneur du lieu Guiraud de Pépieux, faisait pendant au clocher de l'église. Une autre tour de guet au cers, protégeait l'unique porte d'entrée s'ouvrant en direction du Cami Carcasses (Mailhac-Carcassonne). Le tout était cerné par une longue muraille de défense.

cachée derrière le muret, les vestiges de l'ancienne tour. Après le cimetière, à gauche, au bout du parc.


-Au printemps 1095 est prêchée par le pape Urbain II à Carcassonne et à St Pons la première croisade pour aller défendre le tombeau du Christ tombé aux mains des infidèles en "Terre Sainte". Raymond de St Gilles comte de Toulouse prend la tête d'une des armées: 4500 chevaliers, 3000 fantassins, 10000 auxiliaires civils ou pèlerins non combattants, écrit un chroniqueur de l'époque.
Guiraud de Pépieux y participera ainsi que la plupart des Seigneurs du midi.
L'Ordre hospitalier de Saint Jean de Jérusalem, quelques années plus tard, fondera sur le monticule situé au sud du coté de la chapelle Saint Etienne, un hôpital dit de "la Caritat" (de la Charité) où l'on soignera pendant des siècles, les indigents, les mendiants et les roumieux accidentés ou malades. Les morts de l'Hôpital seront enterrés au cimetière St Etienne. Cette vieille bâtisse connue de nos jours sous le nom de "Maison des Escaliers" daterait de 1142. Quand les maçons y ajoutèrent un étage en 1742, ils crurent bon, sur le linteau agrémenté d'une fleur de lys de la grande salle voûtée, de modifier la date de 1142 en 1742 ... il faut dire à leur décharge, que le vieil "Hospital" ne fonctionnait plus depuis 1683, soixante ans. plus tôt!

Le linteau fleurdelisé de l'ancien hôpital


-Fin juillet 1209, après l'horrible massacre de Béziers l'armée des croisés marchant sur Carcassonne emprunta le Grand Cami. Le Seigneur du moment sur place, Géraud de Pépieux (petit-fils de Guiraud), qui avait épousé Alix de Minerve se rallia sincèrement à la cause de la croisade et se lia même d'amitié avec Simon de Montfort, qui lui confia la garde de plusieurs châteaux, dont Olonzac.
Un incident malheureux les sépara tragiquement: Un des chevaliers de Simon ayant tué un oncle de Géraud à qui celui-ci tenait beaucoup, le comte Simon de Montfort fit saisir et enterrer vivant le meurtrier. Géraud aurait du se contenter de ce châtiment excessif, mais pour se venger lui-même, il alla mettre le siège devant Puisserguier et s'empara de deux chevaliers commis à la garde du château. Il enferma aussi dans la basse-fosse d'une tour 50 soldats de la garnison, sur qui il fit jeter des matières inflammables, mais traqué par Simon, il n'eut pas le temps de réaliser son monstrueux dessein. Poursuivi par le comte il fut contraint de se réfugier dans le nid d'aigle de son beau-père Guilhaume à Minerve. Là, il déchargea sur les deux chevaliers sa fureur : il leur fit arracher les yeux, couper le nez et les oreilles et la lèvre supérieure et les renvoya ainsi à Carcassonne, tout nus dans une nuit glaciale de décembre de l'an 1209.
La vengeance de Simon de Montfort fut immédiate, les biens des Pépieux confisqués. "Villa Sanctus Saturninus Pouzolis" pillé, ravagé, le château rasé. II ne laissa que l'église et une tour démantelée du donjon comme témoin durable de sa justice.


-Sous le régime féodal, l'histoire d'une terre est celle de son seigneur. Les histoires des Pépieux et celles des Narbonne ne seront plus celle de Pouzols. En 1218 Simon est tué devant Toulouse, et son fils Amaury qui n'avait ni sa fougue ni ses talents, battu, miné, vint en février 1224 faire abandon au roi de France Louis VIII de tous les droits accordés à son père.
Vraisemblablement sous l'impulsion d'Arnaud de Sainte Valière, la population va construire quelques habitations resserrées autour d'un nouveau château fort; un "castrum" qui sera parfaitement protégé contre les ennemis de l'avenir, au sommet du piton rocheux voisin, dominant le Grand Chemin.
La porte d'accès vers l'autan, sera protégée par une échauguette au sommet du donjon et par une grosse tour carrée de gué. Pouzols pour mieux se défendre, se rapproche sensiblement et se tourne définitivement vers le "Grand Cami", mais l'église Saint Saturnin, dont on s'éloigne, restera cependant et pour toujours l'église paroissiale du nouveau village.
Plus tard, pour plus de commodités, une nouvelle église dédiée à St Martin sera édifiée dans le fort qui sera complété par des faubourgs fortifiés par des remparts et fermés par plusieurs portes. Les citernes ne suffisant pas pour l'approvisionnement en eau on devra creuser un nouveau puits "le Puits d'Aval" aujourd'hui disparu.

-Les XIVème et XVIème siècles furent marqués à Pouzols par des événements malheureux, la peste, la famine et en 1355 le raid du Prince Noir à qui l'ou doit attribuer probablement, sinon aux bandits des Grandes Compagnies, la destruction de la vieille chapelle des pèlerins St Etienne.

-En 1585 au cours des Guerres de Religion, les Huguenots mirent le feu aux églises de Bize, Mailhac et à l'église St Saturnin de Pouzols. Le clocher de l'église paroissiale à demi détruit ne pourra être réparé qu'une centaine d'années plus tard. Mis au goût du jour, il sera exhaussé surmonté par une flèche en pointe et éclairé par des ouvertures pseudo-gothiques.
Le nouveau village mis à l'abris de ses remparts fut heureusement protégé de tous ces fléaux.

-La paix revenue, en 1650, la vieille tour démantelée par Simon de Montfort, qui avait fait pendant au clocher pendant plus de 400 ans, fut détruite volontairement par Jean d'Escouperie de La Gardie pour céder la place à un nouveau château et sa "ménagerie". (*3)


 


-Le 2 janvier 1660, la reine-mère Anne d'Autriche, Louis XIV, la Grande Mademoiselle, le Cardinal Mazarin et la Cour, entre Pennautier et Béziers, firent une étape et après avoir été reçus en grandes pompes par les consuls, les dignitaires ecclésiastiques et les notabilités locales, couchèrent dans différents lieux de Pouzols.
Le Traité des Pyrénées, si important pour notre Languedoc, venait d'être signé avec l’Espagne dans l'Ile des Faisans en Gascogne et "Leurs Majestés" et la Cour se disposaient à passer quelques mois à Aix en Provence, avant le mariage prévu pour juillet, du Roi avec l'Infante Marie Thérèse d'Espagne à Saint Jean de Luz.




" Le 28 Brumaire de l'An 2 de la République Française une et indivisible, dans le lieu de Pouzols, à l'heure de midi, le Conseil Général de la Commune assemblés sur la Place de la Liberté, en exécution de l'article 6 de la loi du 17 juillet dernier, il a été procédé au brûlement des titres constitutifs et recognitifs des droit féodaux supprimés, ainsi que plusieurs tableaux à effigie royale, et autres effets relatifs à l'ancien régime féodal. De tout quoi nous avons dressé le présent procès verbal, pour servir et valoir en tant que besoin. Ils se sont signés les citoyens, maire, officiers municipaux, procureur de la Commune et notables : Boutes maire, Amans officier, Pieux procureur de la commune, Monié, Frances, Ferran, Boucard, tous notables".


Combien de documents précieux ont disparu ce jour là dans le feu de la liberté allumé sur la place? ... Combien de blasons sculptés au dessus des portes des habitations des notables, furent grattés et mutilés? Néanmoins on peut dire que mis à part ces quelque troubles et quelques adjudications foncières de biens nationaux, Pouzols traversa la période révolutionnaire sans encombre.




-Le 24 octobre 1769 naquit à Pouzols de Pierre et Marie Anne Combes, Jean François Delort.


Incorporé à l'armée du Midi en 1792, ce personnage eut une éblouissante carrière militaire. D'abord dans l'Armée d'Italie; puis il servit au 18 Brumaire sous les ordres de Lefebvre. En 1807 au 4 ème corps de la Grande Armée il fit Eylau et Francfort sur l'Oder. Devenu Chef d'état major de la 1ère division d'infanterie (Morand) à l'Armée du Rhin il servit en Autriche. Le 14 avril 1810 il fut nommé par Napoléon Baron d'Empire et en 1812 Général de brigade, il servit en Russie à la 1ère division d'infanterie du 1er corps de la Grande Armée. Jean François Delort de Gléon fut tué à Wilna devant la porte de Kowno.
Ce brillant officier, fils d'un "brassier" pouzolais, n'eut jamais l'occasion de revoir sa famille et son village, les obligations de sa profession militaire en furent certainement la cause. Est-ce une raison suffisante pour que, sur place, sa mémoire soit malheureusement un peu tombée dans l'oubli ?

-La vie économique locale jusqu'à la révolution était essentiellement agricole, (oliviers, blé, froment, orge, vignes) et pastorale (troupeaux dans les "vacants"). Quelques vignes de muscats et "mauzagues" étaient déjà cités dans les "compois" et dénombrements du XIVème siècle.
Progressivement, avec le développement des transports, les céréales aux récoltes trop aléatoires ont progressivement disparu au profit de la vigne.

-Le terroir viticole de Pouzols Minervois délimité en Appellation d'Origine Contrôlée a acquis une certaine notoriété. Grâce aux efforts des vignerons dans leur vignoble et dans leurs chais, la réputation méritée et la renommée de leurs vins de qualité n'est plus à faire.
Depuis le début des années 50 la population de Pouzols s'efforce de développer le tourisme local qui s'avère être un complément non négligeable à la monoculture: reboisement en résineux du Pech, restauration de l'église St Saturnin, création de restaurant, gîtes, chambres d'hôtes, terrains de camping, piscines, sentiers de randonnées etc.

 

(*1) un mille romain représentait 1 km 500 environ.
(*2) au sujet de la découverte des Cascals de 1980 "Une nécropole du haut moyen âge" de M. Barou Robert à Archéologie en Languedoc 1987 n04, page 147 à 156.
(*3) ménagerie: exploitation agricole avec cave et écuries et logements du personnel


Patrimoine religieux de la commune de POUZOLS MINERVOIS.


-L'église paroissiale St Saturnin de la fin du XIème siècle, du Premier Art Roman Languedocien, avec son clocher et son abside romane de style lombard et sa porte des morts dans le cimetière, classée Monument Historique le 4 décembre 1961. Elle abrite une "vierge à l'enfant" en pierre polychrome du XVI ème siècle, ND de la Fontsalce, classée à l'inventaire des Bâtiments de France. Cette vierge miraculeuse est pieusement invoquée par les Pouzolais en période de sécheresse.


Dans le fort, restes de l'église désaffectée St Martin avec son oculus à l’ouest et ses ouvertures gothiques à l’ouest..
La croix de la mission de 1863
Les ruines du monastère carolingien de San Fabeo qui surplombent le ruisseau de la Bouissède


Son patrimoine historique et touristique

 


-Le village fortifié sur son éperon rocheux avec son chemin de ronde et ses remparts.
-Les vestiges du fort moyenâgeux : la grosse tour carrée de gué servant de protection de l'entrée sud, la maison du Chapitre de St Just (bureau de poste), le donjon.
-La fontaine de la Place de la Rosée image vivante de la distribution d'eau à la fin du XIXème.

- L'ancien "Hôpital de la Caritat" avec sa grande salle voûtée et son linteau de porte fleurdelisé. Plusieurs demeures du XVIème de style renaissance enjolivées de fenêtres à meneaux.

 

 

 

 


-Près de l'église Saint Saturnin, le château actuel, édifié par François de Gailhac de La Gardie au XVIIIème, avec quelques traces des précédents châteaux des 11 ème et 17ème siècle ainsi que les bâtiments de sa "ménagerie" construite au milieu du XVIlème siècle.

 

Entrée principale du château.

 

croix de la mission et ménagerie du château.


-L'antique et fameux "Puits d'Amon", qui porte la date d'une restauration: 1619, la porte d'accès et la tour de guet, tournées vers le Pech du Camplong et le "Cami Carcasses" témoins du premier village de Pouzols au Xlème siècle "Villa Sanctus Saturninus,
Sur le Cami Carcassès, à proximité de la nécropole visigothique, la source romaine des Cascals.
-Un moulin à vent aux Bousquets et un pigeonnier du XVIème


-La cave coopérative des "Coteaux de Pouzols" avec ses chais de vieillissement creusés dans le roc et son accueillant "Jardin de Bacchus" avec sa collection des différents cépages méridionaux.
-Près du gué de la Bégude les deux ponts romains, les "Pontils" de l'antique Via Tholosana.

pont présumé romain


-Le village résidentiel du "Soleil d'Oc" créé à la fin du XXème siècle.
-Le tronçon du sentier de grande randonnées GR7 (Aigoual-Canigou) qui franchit gaillardement le Pech.
-Plusieurs agréables randonnées pédestres ou VTT (vélo tout terrain) à travers le vignoble, la garrigue parfumée et les boisements de résineux.
-Le Parc d'éoliennes, nos moulins à vent modernes dus à l'écologie du troisième millénaire.

 

 



Charles de Foumas avril 2007


 

Annexe



"Epopée à la Gloire de l'Empereur Carolus Magnus, à la Barbe Fleurie", qui avec deux armées victorieuses, dont l'une sous les ordres de son gendre le Duc Bernard Vicomte de Narbonne, en l'an 778, repoussa les arabes et étendit le Royaume Franc jusqu'à l'Ebre.
C'est cette même année 778, que fut fondé le Monastère de Ste Marie de l'Orbieu qui allait devenir la prospère et célèbre Abbaye Bénédictine de La Grasse.
Le moine raconte que « Charlemagne Roi des Francs et des Lombards attaquait depuis cinq ans la forteresse Sarrasine de Carcassonne. Le Prince Balaach, qui commandait la place était mort. Sa femme prit la défense de la place assiégée. Quand tous ses soldats furent tués, elle plaça aux créneaux des hommes de paille et faisant le tour des remparts avec les bonnets des morts, elle décochait des traits à chaque meurtrière sur l'ennemi. elle l'abusait ainsi et faisait croire à une garnison nombreuse. Elle fit manger à un pourceau tout le blé et le jeta sur les assiégeants. Charlemagne lève le siège. Elle le rappelle avec l'olifant. On l'avertit "Dame Carcas te sonne"! C'est alors que la tour Pinte s'incline devant l'empereur qui l'emprunte, comme d'un pont-levis, pour pénétrer dans la forteresse.
Dame Carcas eut l'habileté de soumettre sa ville au Grand Empereur, se convertit à la religion chrétienne et épousa un gentilhomme du nom de Roger, d'où allait descendre la dynastie des Roger Comtes de Carcassonne. Charlemagne continue sa poursuite des Sarrasins et fait une étape sur le "Camp long" pour regrouper ses troupes. Roland saisit la fronde, prend son élan et lance vers le couchant un galet plat, appelé lauze.
C'est ainsi que naquit ce qu'on appelle le ''Dolmen du Mourrel des Fados.»
Charlemagne et ses preux ont-ils emprunté le Grand Chemin? ...- ce n'est pas certain !...
Il existe encore de nos jours, au pied du Mont Segonne, à quelques toises de la "Pierre Plantée", un lieudit "La Garde Roland" qui fait vivre la mémoire du passage de l'arrière garde du célèbre neveu du grand monarque à la barbe fleurie. .. .
Quant au "Dolmen des Fées" de la légende il est également toujours en place à une dizaine de kms. du coté de Pépieux.



Marquier Jean-Pierre (extrait des archives de l'Aude)
Préfet du département de l'Ain, maître des requêtes au conseil d'Etat, chevalier de la Légion d'Honneur.

 


Né à Pouzols(Aude) le 4 septembre 1798, il fit d'excellentes études au collège de Sorèze (1813/1815), puis alla suivre les cours de Droit de la faculté de Toulouse; il fut reçu licencié dans cette ville en 1919. Considéré sous la Restauration comme l'un des principaux chefs de l'opposition libérale en Province, il reçut, après le glorieux triomphe de Juillet 1850, le titre de Sous Préfet de Muret (Haute Garonne). Ce ne fut qu'à force de persévérance, de conciliation et cependant de fermeté, qu'il parvint à établir l'ordre le plus parfait dans une contrée où la Révolution n'avait trouvé que peu de sympathie; le talent qu'il déploya à cette époque difficile l'ayant bientôt fait remarquer par l'administration supérieure, il fut décoré de l'ordre de la Légion d'Honneur en 1833.
Appelé en 1836 à la préfecture de l'Aveyron, il passa au bout de 6 mois à celle de l'Ardèche, puis à celle du Vaucluse en 1840; dans ce dernier département où les passions politiques étaient encore d'une violence extrême, il sut constamment faire respecter son administration loyale.
M. Marquier a été nommé préfet de l'Ain et Maître des requêtes en 1843; c'est un de ces hommes habiles et désintéressés qui honorent le gouvernement dont ils sont les dignes représentants.